02 mars 2019

Médecine intégrative : médecine du futur ?

 

Médecine intégrative :

Médecine du futur ?

 

medecine-integrative

 

Il existe actuellement, à l’échelle planétaire, un courant qui se développe rapidement en faveur de la médecine dite intégrative. Initié aux USA, il présente comme intégratif le recours à diverses conceptions et moyens de traitements dits alternatifs, ou complémentaires, prescrits simultanément et en parallèle aux méthodes officielles d’approche et de traitement des patients.

Image associéeLa médecine intégrative est née, dans les années 90, d’un groupe de médecins qui ont souhaité ne pas suivre le mouvement médical de cette fin du vingtième siècle, conscients qu’il nous menait dans une impasse. Aux Etats-Unis, le Duke Center for Integrative Medecine https://www.dukeintegrativemedicine.org, les cliniques du stress de Jon Kabat-Zin ont été les pionniers de cette approche. En Europe, on peut citer comme précurseurs le centre ressource d’Aix-en-Provence http://www.association-ressource.org, le docteur David Servan-Schreiber, le magazine Santé intégrative http://www.santeintegrative.com, le docteur Thierry Janssen, le Bristol Health Cancer. On trouve encore aujourd’hui, d’un côté une médecine se disant scientifique, s’affirmant basée sur la preuve, faisant la promotion de protocoles et ne vénérant comme seul Dieu de la recherche que les études en double aveugle et de l’autre de multiples approches complémentaires ou alternatives ancestrales ou modernes.

La notion d’intégration en médecine ne peut reposer que sur une conception éclairée du fonctionnement physiologique du vivant qui explique en quoi et de quelle manière les divers systèmes qui constituent le corps humain sont reliés et coordonnés entre eux pour permettre le maintien de la vie, et comment il gère ses relations avec son environnement, de quelque nature que soit ce dernier.

La population, notre monde et les maladies évoluent. Aujourd’hui les maladies chroniques l’emportent sur les maladies aiguës. Elles sont la première cause de mortalité (60%) et représentent près de la moitié des consultations médicales. A travers les handicaps qu’elles entrainent et l’inaptitude de notre système à les prendre en charge, elles deviennent un problème socio-économique majeur. En raison de la diminution des maladies aiguës et du vieillissement de la population elles prévalent de plus en plus. Le système médical actuel est mal adapté pour soigner les affections chroniques. Les consultations sont de plus en plus courtes et les protocoles de plus en plus standardisés. Les médicaments sont le plus souvent des « anti » ou des bloqueurs de la physiologie. Alors que les maladies chroniques nécessitent de redonner une physiologie opérationnelle au corps et à l’esprit pour les remettre dans une dynamique de vie. Ceci nécessite des consultations longues, une approche multidimensionnelle et individualisée et une prise en charge globale du terrain.

Image associéeIl y a plus de 40 instituts universitaires de médecine intégrative en Amérique du Nord, y compris Harvard Medical School. Toutefois, ce modèle n’a pas connu la même expansion en Europe. En effet, il existe de nombreux thérapeutes de médecines complémentaires mais très peu de centres offrent une collaboration active pluridisciplinaire entre ces thérapeutes naturels et les médecins conventionnels.

La médecine conventionnelle s’est développée principalement autour du traitement des affections aiguës. La chirurgie, les médicaments, la spécialisation permettent aujourd’hui une approche protocolaire, souvent efficace pour traiter ces maladies. Mais l’utilisation des médicaments au long cours démontre de plus en plus leurs limites pour les affections chroniques. Les médicaments luttent contre des réactions chimiques souvent physiologiques et n’ont aucune capacité à s’adapter à une physiologie humaine en constant mouvement. On ne peut pas non plus envisager d’opérer en permanence. Il faut donc faire évoluer notre modèle de soin sans détruire le précédent.

L’analyse des données épidémiologiques montre aussi la nécessité d’une évolution de la médecine :

  • Croissance de la prévalence des patients souffrant de maladies chroniques.
  • Vieillissement de la population.
  • Système de santé hyper spécialisé : les patients chroniques ont besoin d’une approche holistique et multidisciplinaire que les spécialistes ne peuvent offrir.
  • Demande des thérapies complémentaires a augmenté de 120 % de 2002 à 2012.
Dans ce contexte, il est nécessaire de créer un espace de santé et des propositions thérapeutiques adaptées aux différentes maladies et à leur prévention. La médecine intégrative est un modèle médical qui propose des traitements multidisciplinaires à l’aide d’outils diagnostics et thérapeutiques multiples dans le respect des choix du patient et de ses particularités. Il s’agit donc d’intégrer la médecine scientifique conventionnelle, les médecines plus naturelles ou complémentaires et les thérapies de style de vie comme le sport, les thérapies de gestion du stress, la nutrition et le coaching de vie. Ce modèle a montré d’excellents résultats dans le traitement des patients chroniques.


La méthode intégrative repose sur l’idée que les maladies chroniques se produisent en raison d’un changement dans l’équilibre physiologique, biologique et psycho-émotionnel du patient.

La prise en charge des patients nécessite des consultations médicales conventionnelles et des consultations de médecines complémentaires. Ces différentes approches permettent une évaluation des états nutritionnel, neuropsychologique, immunitaire, micronutritionnel et génétique.


Le projet thérapeutique ou préventif est ensuite réfléchi entre les thérapeutes et avec le patient.


Les outils thérapeutiques seront choisis parmi les médecines conventionnelles et complémentaires.

On peut donc trouver conseils nutritionnels et compléments alimentaires, psychothérapies, méditation, coaching de vie, ostéopathie/chiropraxie, soins énergétiques, yoga thérapie, musicothérapie, Qi gong, Pilates, physiothérapie/kinésithérapie, oxygénothérapie, sauna, acupuncture, auriculothérapie, phytothérapie, homéopathie, avec ou sans médicaments…

Il est tout à fait naturel que certains hommes en quête de sens aient fait émerger une nouvelle pratique et un nouveau concept : la médecine intégrative. Celle-ci cherche à donner une juste place à de multiples outils et courants thérapeutiques dans le respect de leurs particularités et dans la prise en considération de quelques notions fortes de la fin du vingtième-siècle :

  1. Le réseau : la mise en relation de la médecine conventionnelle avec les médecines complémentaires et les psychothérapies permet de créer une nouvelle force de soin au service du patient. Le réseau c’est aussi celui formé par la famille, la société, les thérapeutes dans lequel chaque individu doit avoir sa place.
  2. L’unicité : les êtres humains sont différents les uns des autres, ils sont donc tous uniques. D’où l’importance des différentes méthodes thérapeutiques et de la relation thérapeutique, seule capable de reconnaître cette unicité.
  3. La Globalité et la multidimensionalité : les différentes fonctions et organes qui composent et caractérisent le corps humain sont indissociables. Ceci s’applique donc particulièrement au corps et à l’esprit. D’où la nécessité de la prise en compte de la dimension psychologique d’une maladie et l’importance des différentes psychothérapies ou méthodes de développement personnel (relaxations, yoga, méditations, etc.). Cette globalité s’applique aussi au monde et à la société, les liens que nous entretenons avec notre environnement sont tout aussi déterminants pour l’état de santé.
  4. Les preuves scientifiques : les évidences scientifiques existent tant au niveau de cas individuels, parfois difficiles à reproduire, qu’au niveau des grands groupes de personnes. Il est important de diversifier les modes de validation en les adaptant à chaque thérapie. La méthodologie pour démontrer l’efficacité des médicaments est différente de celle que l’on applique pour valider des thérapies complémentaires, il n’en demeure pas moins que la validation pour sortir de la croyance est importante.
  5. La systémique : chaque être humain est un système complexe dont l’analyse passe par une approche systémique. Les méthodes remplacent les protocoles. Le pouvoir d’auto-organisation d’un système pour maintenir sa stabilité dans le temps et dans son environnement est extrêmement puissant. L’étendue de notre ignorance n’est pas un frein, mais une certitude qui n’empêche pas l’intervention. L’observateur devient un acteur. L’évaluation ne peut être dissociée de l’intervention.

Résultat de recherche d'images pour "medecine integrative"Tout ceci entraîne une forme de sagesse nécessaire à tout thérapeute intégratif, particulièrement le médecin, avec cette nécessité de renouer avec l’essence de la philosophie : la recherche de la sagesse.


 

Conclusion

Une nouvelle aire s’ouvre à nous, celle de l’individualisation des soins par la pluridisciplinarité et la complémentarité des approches thérapeutiques. Celles-ci, dans leur synergie, permettrons une efficacité décuplée et une « responsabilisation » des patients devenant, ainsi, acteur de leur propre guérison.

Cette ouverture globale des esprits doit nous permettre de mettre en oeuvre, une nouvelle vision de la médecine, une médecine holistique appréhendant l’être humain dans sa globalité physiologique, psychologique et émotionnel.

Résultat de recherche d'images pour "medecine integrative"Rappelons-nous de la définition de la médecine (petit Larousse) :
'Ensemble des connaissances scientifiques et des moyens de tous ordres mis en œuvre pour la prévention, la guérison ou le soulagement des maladies, blessures ou infirmités.'

A ce titre, devons nous considérer cette médecine intégrative comme une vision moderne de la médecine ou un retour à ses propres principes fondateurs? Peut importe après tout, ce qui doit dorénavant primer sur toutes les considérations personnelles et orgueilleuses, au delà de toutes les « batailles de chapelles » , c’est… l’efficacité!

Bien évidemment, les efforts seront à fournir par tous et pour tous, du Médecin à l’Ostéopathe, du Sophrologue au Phytothérapeute, du Naturopathe à l’Homéopathe , et de toutes les disciplines précédemment citées dont les bienfaits ne souffrent d’aucunes réserves.

Inspirons nous de nos amis Nord- Américains et Helvètes !

Enfin, on ne le répétera jamais assez, la prévention doit être le socle de notre santé, de nombreuses pathologies directement responsables chaque année de millions de décès ou de troubles fonctionnels pourraient être évitées ou atténuées en mettant en application quelques règles d’hygiène de vie très simples. C’est par exemple le cas de nombreuses pathologies cardiovasculaires, du diabète (2), des maladies auto-immunes….de ce qu’on appelle, de manière générale, les maladies de civilisation qui représentent aujourd’hui une des principales causes de mortalité dans le monde.

 

Pour aller plus loin avec :

Dr Thierry Jansen...

Dr Jean-Claude Lapraz..

Dr Pascale Miniou..

Dr Jean-Michel Issartel

Dr Anne-Marie Bilas

 

 

MEDECINE

DIU_Pratiques_psychocorporelles_et_Sante_integrative

Coll_ge_universitaire_interdisciplinaire_de_medecine_integrative_de_Paris

Au Centre Chirurgical Montagard à Avignon, le Dr Abossolo, anesthésiste-réanimateur, pratique l’hypnose, l’aromathérapie, l’homéopathie, les champs électromagnétiques pulsés…

 

 

Posté par Isabelle Laporte à 23:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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15 octobre 2018

Des guérisseurs dans les hopitaux français

Des guérisseurs dans les hôpitaux

Quand la médecine ne suffit plus à soigner...

 

ronde reiki

Cela peut arriver à n’importe qui. Vous vous êtes brûlé, vous courez aux urgences. Vous souffrez affreusement malgré les antalgiques. Vous hélez l’infirmière qui réagit de façon imprévue : elle vous demande si cela vous dirait d’appeler un coupeur de feu. « Un quoi ? » Elle vous tend une liste de numéros de téléphone et dit à voix basse : « Ça peut paraître bizarre mais ils ont déjà soulagé quantité de patients. Rien d’officiel, mais nous vous garantissons que c’est sans danger. » La douleur est telle que vous n’hésitez pas longtemps avant de pianoter sur votre portable. Une voix vous demande juste votre nom. Vingt minutes plus tard, la souffrance a disparu. 

Cette scène est devenue presque banale dans certains services hospitaliers, à Saint-Brieuc, Rodez, Annemasse ou Marseille, où l’on nous confirme – de façon en général officieuse – que l’on fait régulièrement appel aux « coupeurs (ou barreurs) de feu ». Pour soulager la douleur, pour accélérer la cicatrisation des brûlures, suite à un accident ou, de plus en plus, lors d’un traitement du cancer par radiothérapie. 

 

Cette étrangeté n’est que la partie émergée d’un vaste ensemble. Contre toute attente, à l’ère scientifique, même dans notre très cartésienne France, médecins et guérisseurs (ou magnétiseurs, ou praticiens reiki, ou coupeurs de feu) collaborent de multiples façons. Pour traiter des urgences ou des troubles chroniques réputés inguérissables.

 

Quels médecins osent en parler ? Rarement les pontes, dont la plupart ne sont d’ailleurs pas au courant. Patron des urgences à l’hôpital Nord de Marseille, le docteur Philippe Jean lève un sourcil perplexe : « Coupeur de feu ? Connais pas. Mais je vais demander à mes infirmières si elles en ont entendu parler. » Ces dernières lui répondront par l’affirmative… sans s’avancer davantage, le sujet est risqué. Même curiosité étonnée de la part de la cancérologue Laure Copel, à l’institut Curie – à qui sa responsable des soins répondra, elle, par la négative. Chef du service d’oncologie médicale à l’hôpital européen George-Pompidou, à Paris, le professeur Jean-Marie Andrieu a déjà eu vent, lui, de ces « magnétiseurs censés vous retirer le feu ». Mais il doute du sérieux de l’affaire : « Ça se saurait ! Dommage, je ne demanderais pas mieux, on a tant de complications en radiothérapie. Ramenez-moi un seul cas traité par vos magiciens et observé selon les critères scientifiques et on en reparle. » 

 

Le flirt entre système hospitalier et guérisseurs se joue davantage dans le monde des infirmières que dans celui des médecins. Discrètement informés, les chefs de clinique laissent souvent faire… à condition que l’on n’en sache rien. Toutefois, certains s’y intéressent, avec un mélange de perplexité et de fascination, et prennent le risque d’en parler.

 

Le discours des médecins 

 

Ancien chef de clinique en cardiologie puis en médecine interne, devenu psychiatre, enseignant en psychothérapie à la faculté de Bordeaux, le professeur Gérard Ostermann a depuis longtemps repéré les facultés hors normes de certaines guérisseuses. « La première s’appelait Claudine. On la consultait discrètement à l’Institut de cancérologie de Reims, soit pour aider à déceler la source d’un mal qu’on ne parvenait pas à élucider, soit pour confirmer une hypothèse peu sûre. La pertinence de son ressenti était stupéfiante. Elle devenait moins fiable quand elle tentait d’intellectualiser la chose et se piquait de donner ses interprétations. Depuis, j’en ai connu plusieurs. Leur capacité à soigner toutes sortes de maux de façon “énergétique” est indéniable – des brûlures aux rhumatismes, des abcès aux calculs. Je reste fasciné par leur diagnostic, un vrai scanner, et par leur humilité : la majorité ne se fait pas payer. Les guérisseurs ne deviennent dangereux que quand leur ego enfle et qu’ils prétendent faire de la science. Globalement, ce qu’ils font bouleverse notre vision de la maladie, du corps, de la médecine, du réel… Tout est à revoir ! »

 

Pour la plupart des médecins qui osent évoquer leur collaboration avec les guérisseurs, celle-ci se justifie de façon très pragmatique. Ainsi, le docteur Alain Marre, chef du service de radio-oncologie du centre hospitalier de Rodez (Aveyron) : « Voilà plus de trente ans que j’oriente mes patients vers des guérisseurs pour soulager les douleurs, sans a priori : j’ai juste constaté que cela améliorait leur état. Dois-je refuser sous prétexte qu’on ignore comment ça marche ? »

 

Dans un documentaire de Jean-Yves Bilien, « Les Guérisseurs, la foi, la science », Martine Gardénal, présidente de la Société des médecins homéopathes spécialistes, confirme : « Je connais plusieurs magnétiseurs aux capacités spectaculaires pour arrêter un zona, guérir une brûlure, lever une stérilité. Je me pose évidemment des questions. Si ça marche, pourquoi pas ? » Interviewé dans « Les Guérisseurs », documentaire de Stéphane Allix diffusé sur M6 en 2010, le docteur Dominique Baron, chef de service d’un centre de rééducation à Saint-Brieuc, témoigne de la guérison incompréhensible d’une jeune femme paraplégique après l’intervention d’un magnétiseur réputé de Saint-Brieuc, Jean-Luc Bartoli. Ce dernier vient de faire paraître un livre où il relate ses échanges avec plusieurs médecins (page 75). 

 

Les témoignages abondent. L’un des plus structurés est celui de Claire Guillemin, chef du service de radio-oncologie de l’hôpital de la Source, à Lausanne. Que dit-elle ? Que l’action des guérisseurs réussit incontestablement à accélérer la guérison des tissus après les traitements anticancer. Et que cela oblige les praticiens à revoir leur vision des choses : « Ces gens-là semblent travailler sur des niveaux de la personne (émotions, pensées, croyances, généalogie…) auxquels la médecine moderne n’a pas accès. Il nous faut explorer cela, de grandes découvertes sont peut-être à la clé. » 

 

L’action concrète des guérisseurs

 

D’une dizaine d’interviews de guérisseurs se dégage un profil type. Rares sont ceux qui voient leur « don » se déclencher en cours de vie, telle Patricia Alleli, d’Aix-en-Provence, qui l’a découvert à 48 ans, après un accident cérébral. Généralement, ça commence très jeune. Dès l’âge de 4 ans, Jean-Luc Bartoli, ne supporte pas de voir quelqu’un souffrir et pose compassionnellement ses mains sur lui. Au même âge, Brigitte, de Besançon, sauve quelques-uns des lapins mortellement malades de sa grand-mère : ceux sur le ventre desquels elle a posé les mains. A 5 ans, Corinne, de Marseille, fait du bien à tous ceux qu’elle touche, notamment l’une de ses tantes souffrant d’arthrose : très vite, le voisinage entier sait que ses mains soignent..

 

Pour Josette, de Montélimar, le phénomène a démarré à 2 ans. « Je croyais que tout le monde était comme ça : quand je pose ma main sur quelqu’un, je ressens de l’électricité. Et quand j’arrive sur une zone souffrante, ça me pique, comme si une pointe jaillissait. Si je laisse ma main un moment, la piqûre s’en va et la souffrance de la personne aussi. Aujourd’hui, j’ai 85 ans et j’en ai soigné, des gens ! Jamais je ne me suis fait payer : ce don me dépasse, impossible de le monnayer. Je ne crois pourtant pas au bon Dieu… » Vivant de sa pension de veuve de gendarme, elle précise : « Si vous voulez que je vous soigne, ne me dites pas ce que vous avez ! Ma tête doit rester au repos. Si elle se met à gamberger, je ne suis plus bonne à rien. » 

 

A Reims, Michelle dit la même chose. Dès l’enfance, elle ressent le désir irrésistible de toucher les gens – ce qui fait chauffer ses mains, jusqu’à les rendre brûlantes. Devenue coiffeuse, elle masse les crânes de ses clients… et les soulage de toutes sortes de maux. Parmi eux, des médecins qui la poussent à exploiter ce talent, répondant d’ailleurs à un besoin vital : ayant tenté de s’arrêter, elle tombe malade et doit reprendre. Elle monte un salon de massage, puis un cabinet de magnétiseuse où la consultent ses anciens clients médecins. Michelle les aide à poser des diagnostics et à soigner. « Le problème, pour aider à la recherche, dit-elle, c’est que je perds mes moyens quand on m’observe ou que j’ai trop d’informations sur les patients. » 

 

Comme si l’on avait affaire à un processus très archaïque, où le néocortex ne doit pas intervenir. Notre esprit rationnel a d’autant plus de mal à comprendre que les guérisseurs ne se contentent pas de poser leurs mains sur leurs patients. Ils palpent aussi des flux invisibles qu’ils semblent peigner, ou rassembler, ou recoudre, vous expliquant, comme Pierre Yonas qui soigne l’équipe de handball de Savigny-sur-Orge : « J’ai senti une fuite d’énergie au niveau de l’omoplate d’un joueur, je l’ai colmatée. » L’affaire se corse quand on découvre que beaucoup soignent aussi à distance, souvent en se concentrant sur une photo du patient, et parfois à l’insu de la personne souffrante, celle-ci pouvant être un bébé ou un animal. « Par exemple, mes chevaux, dit Michelle, que je soigne depuis des années, après avoir appris, non seulement à les toucher, mais à me mettre à l’intérieur d’eux, à leur place. »

 

Hypothèses d’explication

 

Les guérisseurs eux-mêmes reconnaissent ne pas savoir « comment ça marche ». Beaucoup évoquent une grâce divine et quasiment tous insistent pour dire qu’ils ne servent que de catalyseur réveillant les capacités de guérison internes du patient. Nous interrogeons Brigitte Grimm-Laforest, présidente du Groupement national pour l’organisation des médecines alternatives (Gnoma) et vice-présidente du Syndicat national des magnétiseurs et praticiens des méthodes naturelles et traditionnelles (Snamap) – ces organisations militent depuis 1950 pour fédérer les guérisseurs autour d’une charte éthique et leur obtenir un statut officiel. « Notre vocation est d’abord de soigner, dit-elle. Des dizaines d’entre nous travaillent en France avec des médecins, parfois des hôpitaux. Mais scientifiquement, nous sommes incapables d’expliquer notre efficacité. Aux chercheurs qui nous traitent de charlatans, nous renvoyons la balle : venez donc nous étudier et dites-nous pourquoi ça marche ! Après tout, c’est votre boulot, pas le nôtre. »

 

Les scientifiques étudiant ces pratiques ne sont pas légion : le sujet est tabou. Mais des recherches existent. Ces mains qui soignent, se dit-on, dégagent probablement un genre d’électromagnétisme dont on devrait pouvoir découvrir comment il soigne. Cela rejoindrait le courant de pensée selon lequel une médecine « quantique », fondée sur les rayonnements, devrait compléter au xxie siècle la médecine « chimique », fondée sur les molécules. 

Mais avant cela, il y a l’explication « placebo » : l’influence des guérisseurs, surtout psychologique, reposerait sur la croyance et la confiance du patient. Qu’en pensent les deux médecins francophones les plus connus actuellement pour l’intérêt qu’ils portent aux guérisseurs, David Servan-Schreiber et Thierry Janssen ?

 

On connaît l’empirisme du premier : « L’essentiel est de savoir si une méthode soigne, même si l’on ne peut expliquer pourquoi. La médecine moderne met les choses à l’envers, exigeant une explication avant même de tester ! A-t-on ici affaire à un placebo ? Oui, mais pas seulement. Toute médecine a un effet placebo, d’autant plus fort que thérapeute et patient y croient. Mais si ça se répète, de façon contrôlée, ça devient un traitement Vis-à-vis des guérisseurs, j’ai trois questions. Est-ce que ça marche ? La réponse est souvent oui. Est-ce reproductible par un même praticien ? Oui aussi. Est-ce transmissible à autrui ? Là, c’est beaucoup plus rare, ce qui complique beaucoup la recherche. » Sur les faits, David Servan-Schreiber n’a pas de doute. Il a pu constater, sur deux cancers traités par radiothérapie, un de la gorge, l’autre du sein, que l’action des « coupeurs de feu » avait effacé toute trace de brûlure. Dans les deux cas, la démarche avait été conseillée par le cancérologue, alors que les deux patients n’y croyaient pas.

 

Sur le processus à l’œuvre, le neuropsychiatre suggère une piste : « Toutes les fonctions du corps sont contrôlées par la sécrétion d’hormones dans l’hypothalamus, où se module l’équilibre du système nerveux sympathique et parasympathique, en grande partie sous le contrôle des émotions et de la pensée. C’est ainsi, par exemple, qu’une femme stressée peut ne plus avoir ses règles. Notre médecine ne sait pas se servir de ce mécanisme alors que les guérisseurs, j’en suis convaincu, le font d’instinct, jouant sur les équilibres hormonaux et nerveux autonomes qui facilitent les mécanismes de guérison. Il faudrait mettre sur pied un protocole pour expérimenter cette idée. »

 

Une hypothèse que le docteur Thierry Janssen fait rebondir à sa manière. Chirurgien devenu psychothérapeute, il s’est penché sur les pratiques des guérisseurs traditionnels et a même été initié à la Barbara Brennan School of Healing de Miami, où il a étudié deux ans. Convaincu de l’importance de la « qualité de présence » de quiconque veut soigner, il pense que beaucoup de gens ont un don ne demandant qu’à être entraîné. Des études sérieuses, avance-t-il, ont montré qu’un guérisseur concentré sur son action dégage un champ électromagnétique de sept à huit hertz. C’est la fréquence d’un cerveau en état de méditation, c’est aussi celle du champ géomagnétique terrestre selon l’échelle de Schumann, le champ sur lequel s’alignent sans doute les animaux migrateurs. Autrement dit, les guérisseurs, sans le savoir, se mettraient en résonance avec une énergie planétaire. Assez fantastique, cette hypothèse permettrait-elle d’expliquer, entre autres, commentun travail de guérison peut s’effectuer à distance ? Les réponses des guérisseurs eux-mêmes sont divisées. Les uns pensent être traversés par une force « sacrée » que nulle science ne pourra jamais appréhender. Les autres affirment qu'il n’y a rien de magique dans ces phénomènes de libération énergétique et que la science médicale aurait tout intérêt à les étudier de près. Voyez-vous une troisième solution ?    

Patrice van Eersel

http://www.cles.com

 

Pour aller plus loin:

 

Trois conseils pour choisir son 'guérisseur '

  • Diagnostic : un vrai guérisseur n’est pas un magicien, il ne vous promettra jamais la lune. 
  • Rémunération : certains, notamment les coupeurs de feu figurant sur les listes des hôpitaux, ne se font pas payer. D’autres vous proposeront de les rémunérer à votre convenance. Ceux qui vivent de leur pratique doivent rester dans des limites raisonnables.
  • Compétences : un guérisseur ne doit jamais vous demander de mettre fin à votre traitement médical. 


Où les trouver?

 

Le syndicat national des magnétiseurs et practiciens des méthodes naturelles et traditionnelles propose des listes de guérisseurs par régions : www.gnoma

  • Les fédérations de reiki mettent en ligne des annuaires de praticiens ayant des "diplomes" validés et pratiquant un code de déontologie :
    la Fédération de Reiki : http://www.lafederationdereiki.org/

Reiki et Magnétisme : quelle différence ?

Posté par Isabelle Laporte à 10:33 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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07 décembre 2017

Magnétisme et Reiki : quelle différence ?

Magnétisme et Reiki : quelle différence ?

Pratiquer des soins énergétiques par imposition des mains est instinctif. Citons en exemple le cas de la maman qui câline son enfant lorsqu'il pleure : elle met toute son énergie et son amour à disposition de son petit afin de le soulager de sa souffrance ou de son chagrin.

Il existe deux manières de pratiquer des soins énergétiques :

  • par le don (magnétisme)
  • par la canalisation (Reiki).

Quelles sont les différences fondamentales entre ces deux méthodes ?

On associe généralement les soins par imposition des mains au magnétisme, car cette méthode de guérison est nettement plus ancrée dans notre culture que le Reiki, originaire du Japon. En apparence, les deux méthodes de guérison sont similaires. Dans la réalité, cela n'est pas tout à fait la même chose. En effet, l'attitude du praticien et l'origine de l'énergie sont souvent radicalement différentes.

Le magnétisme est l‘ensemble des procédés (passes, souffle magnétique, imposition des mains,…) utilisant le fluide magnétique à des fins de soulagement et de guérison des maux et maladies. Ce n’est pas simplement un don au sens de "faculté", même si certaines personnes ont plus la capacité de magnétiser que d’autres, mais bien plutôt un don en termes de "donner son énergie aux autres".

Le Reiki est une technique de guérison naturelle et holistique qui harmonise les différents corps et amène un retour à l’équilibre physique, mental, émotionnel et psychique. L’énergie est réceptionnée, canalisée le long du canal central et envoyée par les mains du praticien vers le receveur.


Don ou initiation ?

  • Magnétisme : capacité individuelle

Chacun d’entre nous a la capacité de véhiculer l’énergie, la manipuler et la transmettre. C’est une capacité que l’enfant a dès sa naissance et qui va "s’endormir" petit à petit s’il ne s’en sert pas. Certaines lignées familiales ont une plus grande capacité que d’autres. Si vous avez un grand parent magnétiseur, il est fort probable que vous ayez le "don", c'est-à-dire une capacité plus grande que d’autres d’utiliser votre propre énergie pour percevoir les émotions des personnes qui sont autour de vous, pour soigner et enlever certaines douleurs, …

Il existe toute une documentation pour apprendre et perfectionner les techniques de magnétisme. Ces dernières années, de nombreuses écoles (magnétisme, biomagnétisme, bioénergie, guérison holistique,....) ont également été créées ; souvent onéreuses, elles proposent néamoins des protocoles de soin assez complets et quelques techniques pour éviter d'utiiser sa propre énergie.

  • Reiki : initiation

L'enseignant "ouvre" le chakra couronne et le canal central afin de canaliser davantage d'énergie par un protocole énergétique appelé "initiation". Celle-ci entraine une augmentation du taux vibratoire de l’initié et une expansion de conscience qui va lui permettre, suivant son lacher-prise, de développer ses facultés extrasensorielles : clair-ressenti, clair-voyance, clair-connaissance, clair-audience,...


Origine de l’Energie utilisée pendant le soin

  • Magnétisme : énergie donnée

seance de Magnetisme 1

Le magnétisme revient à faire circuler notre propre énergie dans le corps de quelqu'un d'autre. Elle sort par la main droite du praticien "donneur d’énergie", circule dans le corps du receveur, et revient par la main gauche afin d’être "recyclée".

C'est une technique tout à fait valable si elle n'est pratiquée qu'occasionnellement. En effet, elle peut vider littéralement le praticien de sa propre réserve d'énergie selon le principe des vases communicants...

  •  Reiki : énergie canalisée

seance de Reiki 1

Le praticien de Reiki, dès sa première initiation, devient un "canal", c'est-à-dire qu'il est en mesure de véhiculer l'énergie en puisant directement dans les sources telluriques et cosmiques.

Ainsi, le praticien n'épuise pas sa réserve d'énergie lors du traitement, bien au contraire, puisqu'il profite lui aussi de l'énergie qui le traverse autant que le receveur.

 

Parasitage

  • Magnétisme : énergie parasitée

Le receveur reçoit l'énergie du magnétiseur, mais cette énergie n'est pas "filtrée", c'est-à-dire que malgré toutes ses meilleures intentions, le magnétiseur peut transmettre de l'énergie négative (provenant de lui-même ou de ses consultations précédentes). Les énergies négatives sont récupérées par le magnétiseur ; s'il ne sait pas les recycler, il peut ressentir à son tour, les symptômes de la personne traitée.

Nombreux sont les magnétiseurs qui tombent gravement malades. Heureusement, il existe des techniques pour que le donneur (le magnétiseur) se nettoie après chaque séance. Mais tous les magnétiseurs ne les connaissent pas et certaines énergies négatives sont tenaces et résistantes. Dans le magnétisme, la qualité de l'énergie transmise dépend entièrement du praticien et de son intégrité. Il est donc important de savoir à qui l'on s'adresse.

  • Reiki : énergie 'pure'

Le praticien transmet une énergie 100% positive qui circule à sens unique, du donneur au receveur. Ainsi, le donneur ne récupère pas l'empreinte énergétique du praticien Reiki, et à son tour, le praticien ne récupère pas les énergies du receveur.


Intention :

  • Magnétisme : guérison du patient

Dans la pratique courante du magnétisme,  le praticien utilise sa propre énergie vitale, en ayant la guérison du patient pour objectif, sans se préoccuper de connaître la cause profonde de la maladie, et si une éventuelle guérison serait effectivement la situation juste. Il s'attache à créer volontairement des effets sur le patient qu'il traite.

  • Reiki : non vouloir

L’attitude du praticien Reiki est différente : il doit effacer son ego pour se laisser traverser par l'énergie qui agira au mieux pour la personne. Il peut émettre une intention avant le traitement, mais il doit toutefois demeurer dans le non-vouloir lorsqu'il est en canal, l'énergie transmise étant à même d'agir avec justesse. En effet, nous ne sommes pas toujours les mieux placés pour savoir ce qui est le mieux pour la personne que l'on traite... Le Reiki sert à stimuler la capacité d’auto-guérison du receveur, si telle est sa volonté. Quelque fois, les proches veulent une "guérison" pas toujours voulue par le patient lui-même.


Mode d’action :

  • Magnétisme : soulagement physique

Le magnétisme agissant directement au niveau physique, ses effets sont ressentis immédiatement. En revanche, si le problème du patient est lié à une cause profonde, le soulagement ne pourra être que temporaire. Le magnétisme travaille plus dans l'urgence, pour traiter tout de suite, apaiser, calmer immédiatement. Il travaille sur les symptômes et les effets sont plus ou moins durables suivant la capacité du magnétiseur.

  • Reiki : traitement de la cause

Le Reiki lui, va intervenir sur la cause profonde du problème. Il agit sur les 3 premiers corps : physique, énergétique et émotionnel. Ainsi, c'est la personne toute entière qui est traitée et non une souffrance ou une maladie particulière. Il faudra parfois plusieurs séances, mais une fois les causes traitées, les effets disparaissent définitivement.

La maladie et la souffrance sont nécessaires à notre évolution. Elles sont à l'image de nos croyances et de nos limitations. Elles sont le reflet de ce que nous croyons être. Elles nous montrent où nous sommes sur le chemin de notre évolution. Le Reiki permet d'appréhender les causes de la maladie, et de comprendre sa signification, pour parvenir à une guérison définitive.


Déontologie :

  • Magnétisme : volonté du magnétiseur

Le magnétiseur manipule l’énergie selon sa volonté ; il ne pense pas toujours à demander son accord à la personne concernée.

  • Reiki : accord du patient

Le praticien Reiki demande à la personne concernée si elle souhaite être aidée, surtout dans un traitement à distance, car il est primordial que la personne ait la volonté personnelle de changer, que son état s’améliore et qu’elle ait la conscience des changements qui vont s’opérer en elle. Sans autorisation, cela est assimilé à une prise de pouvoir.

Le praticien Reiki est appelé à faire quotidiennement un travail sur lui et sur ses émotions avec les principes d’Usui, afin que son intégrité soit la plus pure possible pour canaliser l’énergie. Le Reiki est un art de vivre et de guérir. C'est une philosophie de vie basée sur le respect de l'autre et l'ouverture du coeur.

voir : les fondamentaux du Reiki

 

Résultat :

  • Magnétisme : Qui ne connait pas un bon magnétiseur ? Certaines personnes ayant "le don" ont souvent une force magnétique assez impressionnante qui peut permettre des résultats rapides et spectaculaires. Ainsi, nombres de services d'oncologie n'hésitent pas à orienter leurs patients vers des "coupeurs de feu" attitrés. Verrues, problèmes de peau, et autres maladies parfois complexes peuvent être ainsi rapidement soulagés, mais pas toujours durablement.
  • Reiki : Un soin Reiki est plus doux. L'énergie va là où elle doit aller. En stimulant les cellules souches des différents organes, elle accélère leur processus d'auto guérison et permet à l'organisme de se prendre en charge. Le résultat n'est pas toujours immédiat, il peut necessiter quelques heures.

 

 

Magnétisme et Reiki sont donc complémentaires et permettent de traiter les maux avec une très grande efficacité. C'est pourquoi :

  • nombre de magnétiseurs se font initier au Reiki pour pouvoir se protéger, protéger leur patient, et ne pas se vider de leur propre énergie. En augmentant leur taux vibratoire et en acceptant de travailler sur eux, ils augmentent également leurs perceptions et leur force naturelle de guérison.
  • nombre de praticiens Reiki apprennent des pratiques de magnétisme pour renforcer l’efficacité de leur traitement, notamment pour les traitements d’urgence : brûlures, …

En conclusion, il est tout à fait possible de puiser dans les énergies cosmiques et telluriques sans être praticien Reiki. Actuellement, nombre de livres proposent des techniques simples et accessibles à utiliser pour éviter de puiser dans sa propre énergie. Par contre, les initiations Reiki reçues sur 2 jours permettent une augmentation du taux vibratoire pour developper nos capacités extrasensorielles, une déontologie, une méthode de travail et un travail sur soi qui ne sont pas toujours accessibles tout seul,....
A chacun son expérience,... à chacun son chemin .....

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04 juillet 2015

L’hôpital s’ouvre aux guérisseurs

 

 

L’hôpital s’ouvre aux guérisseurs

 

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Ils sont rebouteux, magnétiseurs ou coupeurs de feu. Ils posent leurs mains, récitent des prières et soulagent les patients. Entre ces thérapeutes aux pratiques mystérieuses et les médecins, le dialogue s’est enfin instauré.

 

Demander l’assistance d’un barreur de feu

Cela peut arriver à n’importe qui. Vous vous êtes brûlé, vous courez aux urgences. Vous souffrez affreusement malgré les antalgiques. Vous hélez l’infirmière qui réagit de façon imprévue : elle vous demande si cela vous dirait d’appeler un coupeur de feu. « Un quoi ? » Elle vous tend une liste de numéros de téléphone et dit à voix basse : « Ça peut paraître bizarre, mais ils ont déjà soulagé quantité de patients. Rien d’officiel, mais nous vous garantissons que c’est sans danger. » La douleur est telle que vous n’hésitez pas longtemps avant de pianoter sur votre portable. Une voix vous demande juste votre nom. Vingt minutes plus tard, la souffrance a disparu.

Cette scène est devenue presque banale dans certains services hospitaliers, à Saint-Brieuc, Rodez, Annemasse ou Marseille, où l’on nous confirme – de façon en général officieuse – que l’on fait régulièrement appel aux « coupeurs (ou barreurs) de feu ». Pour soulager la douleur, pour accélérer la cicatrisation des brûlures suite à un accident ou lors d’un traitement du cancer par radiothérapie.

 

Collaboration entre médecins et guérisseurs

Cette étrangeté n’est que la partie émergée d’un vaste ensemble. Contre toute attente, à l’ère scientifique, même dans notre très cartésienne France, médecins et guérisseurs (ou magnétiseurs, coupeurs de feu) collaborent de multiples façons. Pour traiter des urgences ou des troubles chroniques réputés inguérissables. Quels médecins osent en parler?

Rarement les pontes, dont la plupart ne sont d’ailleurs pas au courant. Patron des urgences à l’hôpital Nord de Marseille, le docteur Philippe Jean lève un sourcil perplexe : « Coupeur de feu ? Connais pas. Mais je vais demander à mes infirmières si elles en ont entendu parler. » Ces dernières lui répondront par l’affirmative… sans s’avancer davantage, le sujet est risqué. Même curiosité étonnée de la part de la cancérologue Laure Copel, à l’institut Curie. Chef du service d’oncologie médicale à l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, le professeur Jean-Marie Andrieu, lui, a déjà eu vent de ces « magnétiseurs censés vous retirer le feu ». Mais il doute du sérieux de l’affaire : « Ça se saurait ! Dommage, je ne demanderais pas mieux, on a tant de complications en radiothérapie. Ramenez-moi un seul cas traité par vos magiciens et observé selon les critères scientifiques et on en reparle. »

Le flirt entre système hospitalier et guérisseurs se joue davantage dans le monde des infirmières que dans celui des médecins. Discrètement informés, les chefs de clinique laissent souvent faire… à condition que l’on n’en sache rien. Toutefois, certains s’y intéressent, avec un mélange de perplexité et de fascination, et prennent le risque d’en parler.

 

Leur diagnostic, un vrai scanner

guerisseurAncien chef de clinique en cardiologie puis en médecine interne, devenu psychiatre, enseignant en psychothérapie à la faculté de Bordeaux, le professeur Gérard Ostermann a depuis longtemps repéré les facultés hors normes de certaines guérisseuses. La première s’appelait Claudine. On la consultait discrètement à l’Institut de cancérologie de Reims, soit pour aider à déceler la source d’un mal qu’on ne parvenait pas à élucider, soit pour confirmer une hypothèse peu sûre.

La pertinence de son ressenti était stupéfiante. Elle devenait moins fiable quand elle tentait d’intellectualiser la chose et se piquait de donner ses interprétations. Depuis, des guérisseurs, j’en ai connu plusieurs. Leur capacité à soigner toutes sortes de maux de façon “énergétique” est indéniable – des brûlures aux rhumatismes, des abcès aux calculs. Je reste fasciné par leur diagnostic, un vrai scanner, et par leur humilité : « la majorité ne se fait pas payer. Les guérisseurs ne deviennent dangereux que lorsque leur ego enfle et qu’ils prétendent faire de la science. Globalement, ce qu’ils font bouleverse notre vision de la maladie, du corps, de la médecine, du réel… Tout est à revoir ! »

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Pour la plupart des médecins qui osent évoquer leur collaboration avec les guérisseurs, celle-ci se justifie de façon très pragmatique. Ainsi, le docteur Alain Marre, chef du service de radio-oncologie du centre hospitalier de Rodez (Aveyron) : « Voilà plus de trente ans que j’oriente mes patients vers des guérisseurs pour soulager les douleurs, sans a priori : j’ai juste constaté que cela améliorait leur état. Dois-je refuser sous prétexte qu’on ignore comment ça marche ? »

 

Ils palpent des flux invisiblesguerisseur

D’une dizaine d’interviews de guérisseurs se dégage un profil type. Rares sont ceux qui voient leur « don » se déclencher en cours de vie, telle Patricia Alleli, d’Aix-en-Provence, qui l’a découvert à 48 ans, après un accident cérébral. Généralement, ça commence très jeune. Dès l’âge de 4 ans, Jean-Luc Bartoli ne supporte pas de voir quelqu’un souffrir et pose compassionnellement ses mains sur lui. Au même âge, Brigitte, de Besançon, sauve des lapins mortellement malades de sa grand-mère : ceux sur le ventre desquels elle a posé les mains. À 5 ans, Corinne, de Marseille, fait du bien à tous ceux qu’elle touche, notamment l’une de ses tantes souffrant d’arthrose : très vite, le voisinage entier sait que ses mains soignent.

Pour Josette, de Montélimar, le phénomène a démarré à 2 ans. « Je croyais que tout le monde était comme ça : quand je pose ma main sur quelqu’un, je ressens de l’électricité. Et quand j’arrive sur une zone souffrante, ça me pique, comme si une pointe jaillissait. Si je laisse ma main un moment, la piqûre s’en va et la souffrance de la personne aussi. Aujourd’hui, j’ai 85 ans et j’en ai soigné, des gens ! Jamais je ne me suis fait payer : ce don me dépasse, impossible de le monnayer. Je ne crois pourtant pas au bon Dieu… » Vivant de sa pension de veuve de gendarme, elle précise : « Si vous voulez que je vous soigne, ne me dites pas ce que vous avez ! Ma tête doit rester au repos. Si elle se met à gamberger, je ne suis plus bonne à rien. »

Notre esprit rationnel a d’autant plus de mal à comprendre que les guérisseurs ne se contentent pas de poser leurs mains sur leurs patients. Ils palpent aussi des flux invisibles qu’ils semblent peigner, ou rassembler, ou recoudre, vous expliquant, comme Pierre.

Yonas qui soigne l’équipe de handball de Savigny-sur-Orge : « J’ai senti une fuite d’énergie au niveau de l’omoplate d’un joueur, je l’ai colmatée. » L’affaire se corse quand on découvre que beaucoup soignent aussi à distance, souvent en se concentrant sur une photo du patient, et parfois à l’insu de la personne souffrante, celle-ci pouvant être un bébé ou un animal. « Par exemple, mes chevaux, dit Michelle,que je soigne depuis des années, après avoir appris, non seulement à les toucher, mais à me mettre à l’intérieur d’eux, à leur place»

 

Hypothèses d’explicationguerisseur

Les guérisseurs eux-mêmes reconnaissent ne pas savoir « comment ça marche ». Beaucoup évoquent une grâce divine et quasiment tous insistent pour dire qu’ils ne servent que de catalyseur réveillant les capacités de guérison internes du patient. Nous interrogeons Brigitte Grimm-Laforest, présidente du Groupement national pour l’organisation des médecines alternatives (Gnoma) et vice-présidente du Syndicat national des magnétiseurs et praticiens des méthodes naturelles et traditionnelles (Snamap). « Notre vocation est d’abord de soigner, dit-elle. Des dizaines d’entre nous travaillent en France avec des médecins. Mais scientifiquement, nous sommes incapables d’expliquer notre efficacité. Aux chercheurs qui nous traitent de charlatans, nous renvoyons la balle : venez donc nous étudier et dites-nous pourquoi ça marche ! Après tout, c’est votre boulot, pas le nôtre. »

 

Les Guérisseurs, la Foi, la Science ! plus d’infos ICI


Ce film retrace l’histoire de la guérison spirituelle et du magnétisme depuis l’antiquité, présente des portraits de guérisseurs célèbres. Ces guérisseurs soignent …

Les scientifiques étudiant ces pratiques ne sont pas légion : le sujet est tabou. Mais des recherches existent. Ces mains qui soignent, se dit-on, dégagent probablement un genre d’électromagnétisme dont on devrait pouvoir découvrir comment il guérit. Cela rejoindrait le courant de pensée selon lequel une médecine « quantique », fondée sur les rayonnements, devrait compléter au XXIe siècle la médecine « chimique », fondée sur les molécules. Mais avant cela, il y a l’explication « placebo » : l’influence des guérisseurs, surtout psychologique, reposerait sur la croyance et la confiance du patient.

À la question du « comment » les réponses des guérisseurs eux-mêmes sont divisées. Les uns pensent être traversés par une force « sacrée » que nulle science ne pourra jamais appréhender. Les autres affirment qu’il n’y a rien de magique dans ces phénomènes de libération énergétique et que la science médicale aurait tout intérêt à les étudier de près. Voyez-vous une troisième solution

 

Patrice van Eersel, Marie Borrel
Retrouvrez l’article dans son intégralité dans le Hors-Série Santé de CLES
www.cles.com

Posté par Isabelle Laporte à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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